Ce Surgissement Du Noir (2018)

Photographie/Installation : Guillaume Laurent
Chorégraphie : Laurence Van De Moortele
Création Sonore: François Buffet

Les danseurs ont évolué dans deux décors dépouillés, mis sobrement
en lumière, sans représentation. Ils s’y adaptent, s’y installent, en
relation avec la chorégraphe Laurence Van De Moortele et le
photographe Guillaume Laurent, pour donner naissance à une posture
juste et naturelle du corps dans l’instant présent. Dans une
décomposition du mouvement, une authenticité a été saisie en chaque
personne.
L’obscurité est une matière impalpable, une densité abstraite et parfois
inquiétante. Nos repères et nos perceptions y sont alors déformés
comme si le contour des objets quotidiens s’était évaporé. Une sorte de
néant apparaît, un abîme s’ouvre pour bousculer nos attitudes.
Par son absence de point de référence, elle nous offre l’opportunité de
revenir de façon attentive à nos sensations, de se faire confiance et
d’élargir notre regard.

La musique a été créée par le compositeur François Buffet pour ces
images. Son univers vaste, intense et authentique nous invite dans des
profondeurs vibratoires. Il nous permet de toucher et d’être au plus
proche de cette obscurité qui est un puit de sagesse si l’on veut bien
s’y ouvrir pleinement et sincèrement.

« Quand l’œil nouveau s’ouvre dans l’obscurité du vide sans objet,
l’Être apparaît au travers de ce qui est vu.» Karlfried Graf Dürckheim

La partie sonore de « Ce Surgissement Du Noir” se situe à mi-chemin entre une pièce et un environnement sonore. Avec une durée de 21 minutes, elle a été pensée pour être mise en boucle afin de créer un espace d’immersion en lien avec l’ensemble des photographies.

Le parti pris compositionnel fut de suggérer un état de transe et un mouvement dynamique et fluide, en relation avec les postures des danseurs fixées sur le support photographique.

Dans cette perspective, le fil conducteur est principalement constitué de sons pulsés, notamment issus de signaux radioastronomiques de pulsars (corps célestes produisant un signal périodique, sortes de phares cosmiques), associés à de multiples éléments au caractère souvent ample et hamonique.

La dimension temporelle de la pièce se présente comme un renouvellement perpétuel des textures sonores qui la constitue, par autofécondation, autogénération.

Tirages réalisés sur papier OBB Baryta White 310G

Teaser de l’exposition : Réalisation vidéo Full B1 Studio